Bulletin n°10

31 mars 2009

Au sommaire de ce bulletin :

  • Appel à un contre-sommet européen contre le processus de Bologne
  • The Wonder Woman Strategy : carrières féminines et marketing
  • Commission du personnel de l’Université : le gag
  • Mais où sont passés nos budgets ?

 

Appel à un contre-sommet européen contre le processus de Bologne

« Le pire ennemi du savoir n’est pas l’ignorance mais l’illusion du savoir »

Les 28 et 29 avril aura lieu à Louvain une conférence des ministres européens de l’éducation. Ceux-ci s’y réuniront pour donner un nouveau coup d’accélérateur à des réformes universitaires qui sont pourtant de plus en plus contestées pour leur illégitimité et leurs effets néfastes. Pour faire converger ces luttes qui se propagent à travers toute l’Europe, un contre-sommet aura lieu au même moment. Voici l’appel lancé à l’initiative de plusieurs syndicats étudiants et collectifs d’enseignants-chercheurs :

www.louvain2009.com/spip.php ?article55 www.louvain2009.com/spip.php ?article108

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The Wonder Woman Strategy : carrières féminines et marketing

La stratégie du Rectorat en matière de "promotion des carrières féminines" illustre de manière magistrale la manière dont on peut re-créer des discriminations tout en claironnant sur tous les tons que l’on veut lutter contre.

Tout d’abord l’adjectif "féminines" accolé à l’idée de carrière est mal choisi car, si discrimination il y a, c’est envers les femmes (qu’elles soient féminines ou non). On pourrait même penser qu’être féminine serait plutôt un atout pour la carrière d’une femme selon la discipline qu’elle a choisi. Les hommes féminins par contre auraient plus de mal à s’imposer alors que les femmes masculines seraient peut-être enclines à choisir certains domaines dans lesquels leur "masculinité" passe mieux. Mais rassurons-nous le modèle qui a le plus de chances de s’imposer c’est encore celui de l’homme, masculin (voire viril) ou éventuellement celui du nouveau père, blanc, hétérosexuel et bourgeois (voire BOBO).

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Commission du personnel de l’Université : le gag

Dans sa grande magnanimité et son souci du respect des employés, le Conseil d’Etat n’aurait pas pu approuver le nouveau Règlement du Personnel de l’Université de Genève sans qu’on y institue une "Commission du personnel". On ne peut que le remercier de cette action digne d’un syndicalisme radical (est-il nécessaire de rappeler que M. Charles Beer a été et continue d’être le meilleur relais des milieux syndicaux dans son parti … sic !).

La semaine dernière, le rectorat nous annonçait triomphalement par mail que les élections aux différentes instances de l’université, dont la Commission du personnel, allaient se tenir bientôt tout en s’auto-congratulant : « Ainsi, plus que jamais, les différents corps de l’UNIGE seront impliqués dans les processus décisionnels de notre institution. » (mail du secrétaire général du 26.3.2009).

L’atterrissage fut rapide à la lecture des compétences réelles que notre rectorat, soutenu par le syndicaliste en chef du gouvernement, à bien voulu accorder à cette commission :

« La Commission du personnel est principalement un organe de proposition et de dialogue. Son rôle est avant tout de contribuer à diffuser l’information, à destination des membres du personnel, relative à la gestion des ressources humaines. La Commission avise le rectorat sur d’éventuelles difficultés, dont elle aurait connaissance, relatives aux conditions de travail des membres du personnel. Elle développe le dialogue entre le rectorat, les cadres et les membres du personnel, en favorisant la communication et la concertation et elle propose des améliorations dans l’organisation et les relations de travail au sein de l’Université. La Commission est notamment informée et invitée à donner son avis à titre consultatif sur les objets relatifs aux conditions de travail des membres du personnel dont elle est saisie. » (www.unige.ch/rectorat/elections.html)

On retient à peine ses larmes devant tant de volonté de dialogue, de communication et d’information, tâches auxquelles les futurs membres de cette Commission s’attelleront avec une immense joie (amen).

Attention toutefois à ce que les membres ne s’avisent pas de se saisir de quoi que ce soit, car c’est la Commission qui sera saisie (saillie ? par qui ?) et son avis sera bien entendu consultatif. Circulez ! Il n’y a rien à voir.

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Mais où sont passés nos budgets ?

Pour les personnes qui doutent encore que l’Université soit gérée à la mode du Far West, voici le rappel d’un épisode hautement significatif de ce qui nous attend désormais :

Jusqu’à présent, les soldes positifs des départements pouvaient être reportés d’une année à l’autre, à hauteur de 5% du budget de fonctionnement. Dix jours avant les vacances de Noël 2008, une nouvelle directive nous informe qu’un tel report ne sera désormais plus possible. D’où prière d’en prendre bonne note. Au 1er janvier 2009, les réserves disparaissent effectivement de nos comptes. Pschitt ! Du jour au lendemain, nous voici donc privés d’une partie non-négligeable de notre budget 2009, sans que nous ayons eu le temps de chercher des financements alternatifs pour couvrir les dépenses prévues sur ces fonds prélevés.

Ce qui semble plus arbitraire encore que le prélèvement lui-même, c’est qu’il ait pu être explicitement justifié par la nouvelle Loi sur l’Université. En effet, cette dernière n’est entrée en vigueur que le 17 mars 2009, soit sept semaines après l’opération comptable. On connaissait déjà la rapidité avec laquelle le gouvernement genevois a fait appliquer la loi sur l’interdiction de fumer avant même qu’elle ne soit écrite ; voici maintenant les Lucky Luke de la gestion universitaire qui font partir nos budgets en fumée !

Peut-on attendre du rectorat qu’il nous explique sur quelle base légale ou réglementaire il a effectué ce prélèvement ? Qu’il nous rende des comptes sur la brièveté du délai avec lequel on nous l’a annoncé ? Qu’il nous informe sur le montant total des fonds concernés et sur leur affectation ? Merci d’avance…