Bulletin n°9

8 mars 2009

Au sommaire de ce bulletin :

  • Statut des assistants : le rectorat doit s’expliquer
  • Certification mondiale pour les secrétaires : vers un programme Erasmus pour le personnel administratif ?
  • Évaluations et classements : quelques réflexions sur des pratiques académiques
  • Universitaires, au repos !
  • L’Anglais et l’Université de Genève
  • Remarque concernant l’article sur les crédits d’impression

 

Statut des assistants : le rectorat doit s’expliquer

Récemment, un oukaze rectoral nous annonçait que dorénavant, seuls les détenteurs d’un Master selon Bologne pourront être engagés automatiquement en A2. Les titulaires de l’ancienne licence universitaire, quant à eux, ne bénéficieront que du statut d’assistants A1.

Cette mesure est-elle légale ?

Le 4 décembre 2003, la Conférence Universitaire Suisse édictait une directive stipulant que les anciennes licences équivaudraient désormais à un diplôme de master. Cette équivalence a été garantie dans le but explicite d’"éviter que la réforme de Bologne ne soit une source de discrimination à l’égard des diplômés issus des anciennes filières d’études de licence et de diplôme." La CUS, dont il faut savoir que les directives ont une portée juridique obligatoire, précise encore que "les universités doivent traiter les diplômés de ces trois types de filières d’études sur un pied d’égalité."

Cette directive, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2006, est disponible ici.

En attribuant aux assistants des statuts différenciés (A1 ou A2) selon qu’ils sont titulaires d’une licence ou d’un master, la nouvelle mesure prise par le rectorat constitue pour les premiers une double discrimination, statutaire et salariale.

Le plus curieux, c’est que cette mesure soit présentée comme une conséquence de l’adoption de la nouvelle loi sur l’Université : celle-ci aurait-elle donné au rectorat le droit d’interpréter à sa guise les directives des autorités politiques ?

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Certification mondiale pour les secrétaires : vers un programme Erasmus pour le personnel administratif ?

Toujours soucieuse de renforcer la mobilité des actrices du monde académique, la Faculté des Lettres a décidé d’encourager ses secrétaires à suivre une formation menant à la certification ECDL. Derrière cet énigmatique acronyme se cache la fondation European Computer Driving Licence. Elle propose des formations dans le monde entier sur une multitude de programmes informatiques, du traitement de texte à la publication internet. Sans beaucoup de surprise, une visite sur leur site (www.ecdl.org) nous apprend que la formation au traitement de texte se fait sur Word. Sur presque chaque page du site, l’accent est mis sur le haut niveau de qualité des formations dispensées par l’ECDL. Mais il faut chercher assez longtemps pour comprendre de quoi il s’agit véritablement tant le message se focalise sur la qualité et la certification. On nous dit que le produit est bon, qu’il ouvre des portes, mais on peine à découvrir sa véritable nature : une formation aux outils vendus par Microsoft.

Cette formation et plus largement l’implication de la Faculté par son encouragement aux secrétaires à suivre celle-ci pose une série de questions.

Cette certification apportera-t-elle une plus grande mobilité au personnel administratif ? Envisage-t-on d’étendre le programme Erasmus aux secrétaires ? Au moment où les crédits accordés à l’enseignement et la recherche sont de plus en plus rares, avons-nous vraiment besoin de cette formation ; quel est son apport pour les secrétaires et pour la Faculté ? N’y a-t-il pas ici un problème de priorité ?

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Évaluations et classements : quelques réflexions sur des pratiques académiques

Voici un compte-rendu très partiel du dernier numéro de la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine (articles disponibles depuis le réseau de l’unige sur www.cairn.info). Revenons ici sur deux des articles publiés dans ce numéro, qui traitent des évaluations et du classement international des chercheurs et des universités et qui prolongent en partie des réflexions entamées précédemment dans ce bulletin. Il ne s’agit pas de débats applicables aux seules universités françaises tant le monde académique ne peut se penser, aujourd’hui et après les différentes réformes, que dans un cadre européen voire mondial.

Dans son article "L’évaluation des enseignements : une révolution invisible", Sandrine Garcia traite du processus qui a vu entrer dans les universités les politiques d’évaluation, et de ces fameuses évaluations des enseignements par les étudiants qui sont aussi très en vogue chez nous. Périodiquement les enseignants de l’Université de Genève sont invités à faire évaluer leurs enseignements à l’aide des formulaires du secteur FORMEV distribués aux étudiants dans les dernières séances de cours et de séminaires.

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Universitaires, au repos !

Business as usual à l’Université de Genève... Le Forum Uni-Emploi bat son plein, alors que vient juste de se terminer la foire aux masters où on pouvait voir les étudiants parcourir les stands d’exposition avec cette question récurrente à la bouche : « Ca sert à quoi cette formation ? ». Pour se calmer les nerfs, voici un tract qui circule depuis quelques mois dans l’université. Il s’adresse aux derniers forcenés qui, à la question de l’utilité des études, ont encore envie de répondre : « On s’en fout, vous verrez bien, et tâchez de faire le meilleur usage de ce que vous aurez appris ici ! » Mais il s’adresse surtout aux autres…

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L’Anglais et l’Université de Genève

Quelle était ma surprise quand, sortant d’uni-dufour, j’ai découvert une publicité pour un organisme qui se charge de donner des cours d’anglais non loin de l’université. Ma surprise donc, car celle-ci propose gratuitement ces cours, et ce avec la logique du chèque de formation de 700 francs offert par la ville de Genève. Alors oui cela avantage certainement les étudiants mais me fait prendre une autre réalité : l’unige ne donne pas de cours d’anglais à des étudiants destinés à travailler dans un domaine international.

Bien sûr, on peut tout de suite voir ceux qui participent au bachelor en relations internationales... Mais il serait faux de s’arrêter uniquement sur eux, voyons aussi le cas de ceux en sciences politiques, ceux en droit, ceux en lettres voire encore même ceux en HEC. De même qu’étant moi-même en première année de science politique, il est fréquent que les professeurs nous donnent des textes à lire, en anglais, avec un vocabulaire pourtant spécifique à la science politique. Alors oui, on peut s’interroger sur le fait que si est-ce à nous étudiants, de chercher par nos propres moyens à acquérir un anglais correct. Si est-ce à nous de payer des cours ?

Néanmoins, il ne faut oublier que l’université de Genève, voire même Genève tout court, se veut être un pôle d’excellence dans le domaine international et l’oubli symbolique d’une formation continue de base en anglais n’en est qu’un talon d’achille pour elle.

De même qu’il faut voir que de nombreuses universités francophones, qui se veulent être aussi de pointe, proposent, voire même intègrent des cours de langues, prenons le cas de l’université libre de Bruxelles, le cas de l’institut d’études politiques de Paris et j’en passe...

Comment imaginer, aujourd’hui, vivre et travailler à Genève, en Suisse, en Europe ou dans le reste du monde sans un savoir minimum d’anglais ?

Super Goulash

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Remarque concernant l’article sur les crédits d’impression

Nous avons reçu ce message concernant l’article sur les crédits d’impression publié dans le dernier bulletin. N’ayant pas entrepris de vérification sur la question, le comité d’édition se contente de reproduire ici le rectificatif reçu :

Pour reprendre le bulletin n°8. Les systèmes d’impression pour étudiants sont auto-financés et à l’heure actuelle inaccessibles pour le personnel académique, ceci afin que ce ne soient pas les étudiants qui financent les impressions. Donc les fameux 20.- n’ont jamais été offerts par l’université, mais par les gros consommateurs d’impression.

« Si le citron te parait acide, fais en de la limonade »