Contre Didier Raboud, propagandiste et mouchard

4 novembre 2010

Didier Raboud occupe le poste enviable de chef du service de communication de l’université. À ce titre, il est notamment chargé d’organiser la propagande officielle du rectorat, et de mettre en avant tout ce que l’université fait de bien pour la communauté et « la cité ». Comme l’université ne fait visiblement pas grand chose d’autre que de la communication, c’est un homme très occupé.

On le voit partout. Quand des étudiant-e-s occupent un amphithéâtre pour protester contre la marchandisation de l’éducation, il est là. Quand des étudiant-e-s se rendent en cortège au rectorat pour protester contre la présence de la police des étrangers lors de la procédure d’immatriculation, il est là [1]. Symbole d’une université qui préfère servir la soupe aux médias plutôt que s’intéresser aux problèmes des étudiant-e-s ou du personnel.

Puis vient le jour de gloire. Le dies academicus. À Genève, tout le monde a compris depuis longtemps que les doctorats honoris causa récompensent des positions de pouvoir, et il met cela en scène comme il convient. Alors, pendant que le gratin de l’université se presse à Uni Dufour, il œuvre humblement à la réussite de cette grande journée, afin que rien ne vienne déranger la belle ordonnance qu’il a patiemment mise en place. Brave soldat de l’ombre prêt à assumer les tâches les plus ingrates.

C’est lui qui filtre les entrées. C’est lui qui repère les rares contestataires dans un public en adoration. C’est lui qui jette dehors ces misérables, qui font acte de terrorisme en criant hou hou pendant que Barroso reçoit un doctorat honoris causa en sécurisation de frontières.

Rien ne l’arrête. C’est lui qui prend langue avec la police politique [2], opportunément présente dans la salle. C’est lui, sycophante d’occasion, qui désigne les fauteur-trice-s de troubles au bras séculier qui assouvira sa vengeance. Ce qu’il ressent en apprenant qu’un fourgon de police intervient dans le parc des Bastions, au vu et au su de ses précieux-ses invité-e-s, nous n’en savons rien ; ni de son dépit lorsqu’il apprendra que les semeur-euse-s de zizanie ne subissent qu’un simple contrôle d’identité [3].

Un regret enfin. Dans le régime politique mou du genou sous lequel nous vivons, on n’exploite pas assez les qualités d’hommes à poigne tels que lui. On ne peut qu’espérer que revienne le temps où l’on saura apprécier à leur juste valeur ses qualités d’obéissance aveugle et de soumission aux puissants, faute de quoi il risque de finir tristement sa carrière comme porte-parole de la police genevoise. Au moins, l’université en sera débarrassée.

[1] Il est courageux. Il est contre l’anonymat. Quand on lit dans la presse le lendemain que dans l’entourage du recteur on parle de « prise d’otage », il n’y est pour rien.

[2] Officiellement, la « brigade de recherche et d’îlotage communautaire » (BRIC), chargée de surveiller ce que Genève compte encore de squatteur-euse-s et de gauchistes. Elle ne s’appelle plus police politique comme au bon vieux temps. Là aussi, la politique de communication a fait son œuvre.

[3] Alors qu’une fouille en règle aurait sans doute permis de trouver un sifflet à roulette.