Fahrenheit 451. L’Université de Genève s’enfonce dans la fange
13 octobre 2010
On croyait le comble du sordide atteint l’année dernière à l’occasion du Dies Academicus du « 450e », lorsqu’un doctorat honoris causa avait été remis en grandes pompes dans les murs de la cathédrale Saint-Pierre à Pascal Lamy, le directeur de l’Organisation mondiale du commerce.
L’Université de Genève s’apprête pourtant à faire encore pire cette année, puisqu’elle a choisi de se déshonorer publiquement en attribuant ce titre honorifique à deux individus qui ont en commun d’être des ennemis particulièrement crasses de l’idée de vérité : Elie Wiesel et José Manuel Barroso.
Elie Wiesel est un sioniste convaincu, qui s’applique systématiquement à nier la politique d’épuration ethnique menée par l’Etat israélien. On peut ainsi lire sous sa plume des affabulations de ce type au sujet de la ville de Jérusalem : « Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, juifs, chrétiens et musulmans peuvent accomplir leurs rites religieux librement. Et, contrairement à certaines affirmations des médias, juifs, chrétiens et musulmans ONT (en capitale) l’autorisation de construire leurs foyers n’importe où dans la ville. [1] » Un mensonge meurtrier. Si Jérusalem est pour lui « en dessus de la politique », Israël semble être au-delà de l’histoire, puisque le révisionnisme auquel s’adonne Elie Wiesel le conduit à soutenir la thèse officielle selon laquelle l’agression israélienne de juin 1967 aurait été une opération de légitime défense, justifiant au plus grand mépris du droit international une occupation qualifiée d’« inadmissible » par le Conseil de Sécurité de l’ONU. [2]
José Manuel Barroso [3], quant à lui a entrepris, lorsqu’il était premier ministre du Portugal, d’ouvrir secrètement le survol aérien de ce pays aux avions américains qui transportaient illégalement des détenus vers la prison de Guantanamo où l’on savait qu’ils étaient torturés. Une fois devenu président de la Commission européenne, il s’est constitué en fer de lance d’un appel au ralliement de l’Union européenne à l’armée américaine, en encourageant les pays membres à envoyer leurs troupes en Irak dans une guerre déclenchée sur la base de fausses preuves inventées de toutes pièces. Un autre mensonge meurtrier.
Qu’il existe au sein de l’Université des individus d’une médiocrité telle qu’ils ne voient pas l’indécence qu’il y a à couvrir d’honneurs ce personnage (l’initiative provient du département de science politique dont le directeur Pascal Sciarini a cru bon de soutenir que « le président Barroso n’a jamais pris de positions extrémistes » [4]), cela ne surprendra personne. Que cette proposition soit adoptée par le collège des professeurs de la faculté des sciences économiques et sociales par 31 oui et 5 absentions, pour ensuite aboutir très officiellement à la cérémonie du Dies, voilà qui en dit long sur la bassesse d’esprit des castes dirigeantes de cette institution.
Il faut dire que Monsieur Barroso sait soigner ses relations au sein d’une Université qui le lui rend bien. En tant que président de la Commission européenne, il a nommé Dusan Sidjanski, professeur honoraire et fondateur du département de science politique, comme conseiller spécial de… José Manuel Barroso qui avait été son assistant à l’Université de Genève. C’est donc tout naturellement que le professeur Sidjanski lui renvoie l’ascenseur en parrainant aujourd’hui le doctorat honoris causa de celui qui a si bien su l’honorer. M. Barroso a également propulsé son ancien professeur à la présidence du Centre européen de la culture, créé par Denis de Rougemont et financé par la Fondation Latsis. Quant au groupe Latsis, il entretient des liens troubles avec le président Barroso, dénoncés par 77 députés européens dans une motion de censure en 2006. La motion portait sur le fait que ce groupe, dirigé par Spiro Latsis, connu pour son manque de transparence dans ses affaires en Grèce et dans les Balkans, avait bénéficié des faveurs de la Commission européenne à six reprises entre 1999 et 2005, notamment pour un transfert de fonds des financements européens vers la Grèce par une banque du groupe EFG Eurobank. Le groupe a également reçu une aide de la Commission pour ses chantiers navals de Shipyard en septembre 2004. A cela s’ajoutent les vacances en famille du Président Barroso sur le yacht de Spiro Latsis en août 2004. Dusan Sidjanski, qui était aussi de la partie sur le bateau de son ancien élève milliardaire [5], est également membre du conseil de la Fondation Latsis aux côtés de Spiro Latsis et Justin Thorens, ex-recteur de l’Université de Genève qui la préside. Cette fondation n’est pas non plus inconnue dans la « Maison », puisque c’est elle qui finance le très prestigieux prix Latsis décerné par le FNS, dont la cérémonie de remise a eu lieu il y a quelques jours à l’Université de Genève. [6]
José Manuel Barroso, qui avait fait la connaissance de Spiro Latsis alors qu’ils étudiaient à l’Université de Genève (sans doute sont-ils tous deux des alumni), sait tisser des liens avec les milieux industriels, commerciaux et financiers les plus influents. Membre discret du non moins discret Groupe Bilderberg [7], rassemblant depuis 1954 les élites économiques et politiques d’Europe et d’Amérique du nord, il participait entre autres à la rencontre de Paris en 2003 qui avait mis à l’ordre du jour la « reconstruction » de… l’Irak, pays dont l’invasion signifait l’ouverture de marchés juteux. Le Groupe Bilderberg, c’est l’histoire aussi réussie que méconnue d’une Europe qui, de Jean Monnet à José Manuel Barroso en passant par Denis de Rougemont [8], se construit dans la plus parfaite « amitié transatlantique » liant les autorités européennes, la CIA et les fleurons d’un capitalisme mondialisé. [9] En témoigne la présence, aux côtés de personnages tels qu’Henri Kissinger et Paul Wolfowitz, d’un nombre impressionnant d’(ex)-commissaires et d’(ex)-président(s) de la Commission europénne, auxquels on peut ajouter par exemple l’honoré Pascal Lamy. Un beau tableau de famille pour un ancien maoïste qui désormais s’applique docilement à défendre les intérêts des capitaines de l’industrie européenne dont il met scrupuleusement en œuvre les recommandations. A l’heure même où on l’honore sous les auspices de Calvin, il se voue corps et âme à l’imposition de plans d’austérité qui mettent à genoux les peuples européens, leur faisant payer la folie des grandeurs d’une poigneé de milliardaires.
Dans le langage tendrement euphémisé de l’Université de Genève, la posture politique et morale de cet assoiffé de pouvoir doublé d’un va-t-en guerre est décrite comme une raison de « récompenser une carrière exemplaire, ayant contribué de manière marquante au développement social et économique ». L’argent et l’honneur valant bien une guerre, il fait nul doute que ce petit arrangement avec les valeurs ouvertement proclamées par l’alma mater genevoise sera vite oublié, eu égard à « la valeur et la renommée mondiale de la candidature que nous proposons et les retombées très favorables qui en résulteront pour l’Université de Genève. » [10]
Les amis du Président Barroso, Messieurs Latsis et Sidjanski, seront-ils présents au Dies pour voir leur bienfaiteur recevoir le prestigieux doctorat honoris causa ? Ils seront peut-être même assis l’un à côté de l’autre, conversant sur les vertus sans fins d’une Europe qui procure à l’un les financements et petits arrangements utiles à la bonne marche de ses affaires, et à l’autre les positions honorifiques bien méritées par un si grand promoteur de l’Europe fédéraliste, tout dégoulinant de la fierté d’avoir côtoyé Denis de Rougemont, le Comte Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi et Jean Monnet, personnalités dont il a dévoué sa carrière de professeur d’Université à faire l’hagiographie. [11]
Elie Wiesel et José Manuel Barroso n’ont pas de sang sur les mains, mais leurs consciences en sont maculées. Combien de personnalités ont été qualifiées d’extrémistes pour moins que cela, par ceux-là mêmes qui font aujourd’hui l’éloge de ces deux individus ? [12] Alors que ceux-ci partagent un mépris de la vérité et du droit international qui ne peut échapper à personne, l’Université de Genève s’apprête à les réunir dans une cérémonie où « le penseur et le politicien échangeront leur vision respective au sujet des droits humains, sous l’angle thématique de la mémoire et de la réconciliation. » Convier ces personnages à discuter des droits de l’homme et de la paix dans le monde est parfaitement infâme de la part d’une Université qui dégurgite jusqu’à la nausée ses soi-disant valeurs humanistes.
Se croyant vieille des 451 ans qu’elle n’a pas, l’Université de Genève radote et souffre d’une incontinence qui la fait se vautrer dans sa merde sans même en éprouver de honte. Il semble n’y avoir plus aucune limite à l’étalage public qu’elle fait de son mépris de la vérité. Et puisque son prochain grand chantier est la réforme des bibliothèques universitaires, on lui recommandera de ne pas s’arrêter en si bon chemin et de procéder à une réforme radicale en brûlant tous livres, sauf bien sûr ceux qui célèbrent la grandeur des puissants. On lui conseillera également, si elle n’y avait pas déjà pensé elle-même, cette liste de futurs candidats à un doctorat honoris causa.
[1] cité par Alain Gresh, « Elie Wiesel l’imposteur et Jérusalem », 18 avril 2010
[2] Esam Al-Amin, « How Elie Wiesel Perpetuates the Fraud », 21 avril 2010. (traduit ici)
[3] On trouvera une petite biographie critique de M. Barroso sur ce site.
[4] extrait du procès-verbal du Collège des Professeurs de la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Genève, séance du 30 mars 2010
[5] rapporté par Françoise Le Bail, porte-parole du président Barroso
[6] On peut continuer : Justin Thorens, ex-recteur de l’Université de Genève, outre qu’il préside aujourd’hui le Conseil de la Fondation Latsis, est membre et vice-président de la Fondation UNDL aux côtés notamment d’Ismail Serageldin, grand orateur du « 450e » de l’Université de Genève, ancien vice-président de la Banque Mondiale, et dont tout le mal qu’il faut penser a déjà été écrit ici. Parmi les principaux donateurs de cette Fondation UNDL (Universal Networking Digital Language Foundation), on trouve la Fondation Hans Wilsdorf, propriétaire du groupe horloger Rolex, bienfaitrice de la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Genève et dont le président, le notaire Pierre Mottu, se présente comme un « grand ami » de Metin Arditi, promoteur immobilier devenu mécène, lequel a créé l’Association genevoise des fondations académiques (l’AGFA) ainsi que la Fondation Arditi qui décerne des prix à des diplômés de l’Université de Genève, auquel a été confié en haut lieu le soin de participer à la rédaction de la nouvelle loi (néolibérale) sur l’Université de Genève, et dont la fille a pour parrain Charles Méla, ancien professeur de littérature à l’Université de Genève et vice-président du Centre européen de la culture présidé par Dusan Sidjanski et financé par la Fondation Latsis.
[7] Daniel Estulin, La véritable histoire des Bilderbergers, éd. Nouvelle Terre, 2008
[8] Karel Vereycken, « De Denis de Rougemont à Barroso : la nouvelle matraque pour imposer l’austérité fiscale », 3 juillet 2010
[9] Pierre de Villemarest, Danièle de Villemarest, William D. Wolf, Les secrets de Bilderberg, éd. Aquillon, 2004
[10] exposé des motifs relatif à la proposition de nomination de José Manuel Barroso au titre de docteur honoris causa de l’Université de Genève, 17.02.2010
[11] M. Sidjanski, au regard des relations privilégiées qu’il entretient avec les grands de ce monde (il y a deux ans il passait encore la pommade à « son ami » Ernest-Antoine Seillières dans les murs de l’Université de Genève), fait preuve d’une étonnante pudeur dans ses écrits scientifiques au sujet des lobbies économiques. Par exemple, alors que Denis de Rougemont a pris part à trois reprises aux réunions secrètes du Groupe Bilderberg (1954, 1955, 1966) tandis que M. Sidjanski était son plus proche collaborateur (comme il aime à le rappeler), nulle mention n’est faite de ce groupe hautement stratégique dans l’ouvrage de référence qu’il a consacré en 1971 avec Jean Meynaud aux « groupes de pression dans la Communauté européenne ». Pourtant, ce pavé de 733 pages en consacre plusieurs aux « rapports officieux par lesquels se forment des relations plus intimes entre dirigeants de l’industrie européenne et dirigeants communautaires ». Il est impossible de résister à la tentation d’en livrer ici d’assez longs extraits (les soulignements sont de notre cru) : « Il est permis de concevoir que chacun de ces interlocuteurs cherchera à tirer profit de ces réunions [officieuses] selon ses préoccupations propres. Les représentants du patronat tenteront de mettre en relief les satisfactions et les inquiétudes, plus sans doute les secondes que les premières, que leur procure l’évolution de la politique communautaire, mais l’on imagine facilement que leurs interlocuteurs s’efforceront de les convaincre de la justesse des orientations prises ou envisagées par la Commission [européenne]. » Les auteurs semblent ici écarter toute éventualité que les pressions des lobbies économiques puissent être exercés en amont ou à l’intérieur même de la définition des orientations communautaires, comme l’illustre un organigramme (pp. 488-89) qui place avec la plus parfaite mauvaise foi leur entrée en scène quelque part au milieu d’un processus dont le point de départ inquestionné est une Commission présentée comme aussi souveraine que désincarnée. Cette foi dans le principe de séparation des pouvoirs prête au fou-rire lorsque l’on connaît les va-et-vient incessants qui se font entre les conseils d’administration des grandes entreprises européennes et la Commission, et ce depuis sa création. Cela a été trop bien documenté pour qu’on s’y attarde ici. Passant de la foi à l’agnosticisme, les auteurs poursuivent avec un véritable exercice de relativisme cognitif : « L’interprétation de semblables rapprochements est d’autant plus difficile, que chacun des intéressés les conçoit à sa façon. (…) Il serait excessif d’en conclure que ces rencontres sont susceptibles d’ouvrir pour les thèmes abordés un accès communautaire immédiat aux fédérations industrielles. Ainsi se créent progressivement des réseaux de relations dont l’utilité, pour chacune des deux parties, n’est pas contestable. » (pp. 500-501) Le ton redevient soudain très affirmatif. On entre ensuite dans le vif du sujet : « Les rapports officieux de travail s’accompagnent inévitablement de relations mondaines ou, selon l’expression américaine, de “contacts sociaux”. Le “rapport d’Amsterdam” présente à cet égard des observations un peu lourdes et pas très pertinentes : il cite le cas du bar Julia à Strasbourg qui, fréquenté par les membres néerlandais de celui-ci, serait également visité, de temps à autre, par les représentants des groupes de pression. En tout cas, dans la mesure où ils existent, des contacts de cet ordre sont davantage le fait des groupes nationaux que des agents des groupes à six. (…) Les invitations que reçoit le personnel communautaire ne présentent pas d’originalité particulière [ndlr : circulez, il n’y a rien à voir] : il ne semble pas que les groupes européens aillent jusqu’à offrir comme certains de leurs homologues américains des séjours de week-end dans des maisons de campagne ou dans des lieux de villégiature à la mode. En bref, ces rapports ne s’écartent pas de la normale. [ndlr : la norme, c’est nous] » (pp. 503-504). Plus loin : « Le “rapport d’Amsterdam” met l’accent sur la collaboration entre les services de la Commission et les groupes d’une manière qui est exclusive et, pour dire vrai, un peu naïve : à l’en croire, les fonctionnaires de la Communauté tendraient à considérer les groupes “plutôt comme des associés que comme des adversaires”. » (p.565). Il est vrai que José Manuel Barroso n’aurait pas trop apprécié d’être traité de fonctionnaire lorsqu’il se bronzait les doigts de pied en famille sur le yacht de la 50e fortune mondiale en compagnie du co-auteur de ces considérations averties sur l’art du lobbying. On ne sait pas trop si le professeur Sidjanski a eu l’occasion par la suite de reconsidérer ses propos à la lumière de ses riches expériences, mais le fait est qu’un quart de siècle plus tard, à l’aube d’une retraite dorée, il s’intéresse aux « nouvelles tendances » en matière de groupes de pression et soutient que « la relation entre la capacité du pouvoir communautaire et la structure et l’action des groupes de pression que nous avons dégagée lors de nos premiers travaux avec Jean Meynaud ne fait que se confirmer », avec un bémol néanmoins : « Malgré l’autonomie des institutions communautaires et de la Commission en particulier, il arrive que des groupes organisés et des experts de tous bords s’infiltrent dans les structures d’autorité. » (D. Sidjanski, « Nouvelles tendances des groupes de pression dans l’Union européenne », in Yves Mény, Pierre Muller, Jean-Louis Quermonne (dir.), Politiques publiques en Europe. L’Harmattan, 1995, 77-93). Décidément, « autonomie » semble être le mot magique qui permet l’accès aux cercles les plus prisés de ce monde.
[12] Dusan Sidjanski (par exemple), dans son étude des « groupes de pression » qui influencent les politiques communautaires, se livre à l’une de ces petites opérations typologiques qui font l’attrait irrésistible de la science politique et qui ont inspiré tant de ses successeurs. Il y aurait ainsi cinq types de groupes de pression : 1) les groupes d’intérêt (entreprises, groupes d’affaires, sociétés multinationales, etc.) ; 2) les groupes de promotion (défendant une idéologie ou une cause, écologique par exemple) ; 3) les groupes politiques (clubs promouvant une réflexion globale sur la société) ; 4) les groupes d’intérêt public (p.ex. de défense des consommateurs) ; et 5) « les groupes extrémistes constitués autour de l’idée d’un retour aux sources du marxisme-léninisme, de l’anarchie, du fascisme ou des idéaux gauchistes qui visent à rassembler un ensemble d’organisations extrémistes sous forme de regroupements actifs, plus ou moins violents et contestataires de nos sociétés » (D. Sidjanski, « Les groupes de pression dans la Communauté européenne », Rivista italiana di scienze politiche, Pavia, 1982 no.3, 539-560 : 540-41). Grâce à cette typologie authentiquement crapuleuse, il parvient à soustraire de la catégorie de la cause idéologique la défense des intérêts des grandes entreprises (comme si le marché libre et le néolibéralisme étaient des lois de la nature), et du même coup à exonérer leurs dirigeants de tout soupçon d’extrémisme (comme si les dérégulations n’étaient qu’une douce coterie entre patrons). En revanche, contester les agissements meurtriers de ces entreprises en demandant leur collectivisation et en cassant de temps à autre leurs vitrines relèverait scientifiquement de l’extrémisme... un bel exemple de l’idéologie politique de la politologie.

