Journée des filles : l’Université s’associe à l’antiféminisme ambiant

30 octobre 2008

La journée des filles créée il y a quelques années visait à faire découvrir aux filles la variété des professions qu’offre le marché de l’emploi en Suisse à partir d’une constatation maintes fois documentée à l’aide de statistiques : celle qui montre que les garçons choisissent leur profession parmi une variété au moins 3 à 5 fois supérieure que les filles.

En amenant une fois par année ses propres filles ou celles de nos amis au travail (du papa de préférence) on contribuait à les encourager à choisir des professions parmi une gamme plus variée. Or, depuis des années l’Université de Genève a modifié l’esprit de cette journée en disant explicitement qu’elle sera désormais la journée des filles et des garçons. Bien sûr ce choix est justifié par une rhétorique de l’égalité qui n’a d’égal que les maigres résultats obtenus par l’Université en la matière depuis que la lois sur l’Université fut modifiée en 1996 pour y introduire l’exigence d’une augmentation dans le corps professoral du "sexe sous-représenté" (doux euphémisme qui laisse entrevoir qu’un jour les hommes pourront bénéficier de cette disposition lorsque le ! s femelles auront pris le pouvoir). Mais la consultation des statistiques universitaires actuelles indique que la suprématie mâle dans l’Alma mater a encore de beaux jours devant elle.

Le site de l’Université présente cette journée du 13 novembre 2008 d’une bien étrange façon. D’abord en reconnaissant le but premier de cet événement : "En permettant aux filles d’accompagner leurs parents sur leur lieu de travail, cette journée vise à favoriser un accès équitable des femmes au monde professionnel, indifféremment du type de tâche qu’elles souhaitent exercer". On ne peut être plus explicite. Si on veut favoriser un accès équitable c’est bien que pour le moment ceci n’est pas le cas.

Mais juste une ligne plus loin, le féminisme de l’Université s’arrête net. Un malaise à sûrement envahi les autorités de l’Alma mater suivi d’un sentiment culpabilisant de créer de nouvelles discriminations au sein de son Institution : effectivement, sauf à doubler le nombre du personnel, favoriser l’accès des femmes aux postes implique une diminution de celui des hommes "Zut on y avait pas pensé !". Et c’est comme cela que l’on s’empresse de rectifier cette horrible discrimination créée par le favoritisme inacceptable d’un jour sous couvert d’un mot magique : LE PARTAGE !! "L’UNIGE partage cet objectif" que c’est beau !!! On se croirait à l’église. "C’est pourquoi elle a souhaité entamer un véritable dialogue sur l’égalité des chances et élargir les enjeux de cette journée en invitant non seulement les filles mais ! également les garçons ...". Sous-entendu qu’avant, lorsque les filles étaient invitées seules, il n’y avait pas un "véritable dialogue". On est consternés de tant d’hypocrisie dans une institution qui se targue de travailler pour l’égalité !!

Mais ne nous décourageons pas !! Cette entreprise de sabotage est cautionnée par les autorités fédérales qui désormais on baptisé cet événement Journée des filles - Projets pour les garçons : une journée pour elle un projet d’avenir pour eux .... AMEN !