L’Université de Genève est fière de vous présenter ses nouveaux Docteurs honoris causa
14 octobre 2010
Tract trouvé le 13 octobre à Uni Mail, disponible aussi sur le site Indymedia
Hideux dans son apothéose, le rectorat de l’Université de Genève poursuit sa nouvelle ligne politique d’une université "autonome" soumise aux intérêts des puissant-e-s et des exploiteur-se-s en tout genre. Pouvait-on faire mieux que Pascal Lamy, directeur de l’OMC ?
Et bien oui.
Suivant la pertinente proposition du prof. Pascal Sciarini, le rectorat vous annonce avec un plaisir non-dissimulé que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se verra remettre le titre de docteur honoris causa lors du Dies academicus 2010.
On pourrait s’attarder longtemps à commenter cette génuflexion permanente de l’université envers la caste politique, mais il nous intéresse plus de commenter le contexte de cette remise. Ce prix paraît en effet révélateur de la sympathie de la "communauté universitaire" pour les politiques de gestion des flux migratoires qui enferment et assassinent chaque jour des centaines de migrant-e-s.
Barroso incarne mieux que quiconque l’idée d’"Europe forteresse", un projet de société néocolonial défendu sous les sacres signes du néolibéralisme et des politiques sécuritaires.
Durant sa présidence, on a définitivement imposé l’idée d’une Europe close, dominée par les intérêts des lobbies voyant dans les migrant-e-s une main d’œuvre à prix imbattable, prête à être exploitée ou renvoyée "chez elle" selon les nécessités du "marché unique européen". "L’immigration est une ressource essentielle pour la société européenne", donc une ressource au même niveau que les autres facteurs du processus marchand. On dénie le statut d’être humain aux migrant-e-s : enfermé-e-s dans des centres de rétention dans des conditions monstrueuses, abattu-e-s à bout portant par la police des frontières et obligé-e-s de se soumettre à l’humiliante attente d’un bout de papier qui leur donne le droit d’exister.
C’est notamment sous "l’ère Barroso" qu’a été crée Frontex, la redoutable police européenne chargée de défendre à n’importe quel prix l’étanchéité des frontières de l’espace Schengen. Depuis 2005, Frontex a connu une augmentation vertigineuse de son budget de 6 à 88 millions d’euros ; ce qui lui a permis d’être à la pointe des technologies militaires modernes.
Chaque heure, chaque jour, chaque nuit, une Guerre se déroule sous nos fenêtres, loin des caméras des mass medias : d’un côté les réfugié-e-s qui fuient la guerre et la faim, de l’autre les intérêts de la caste politique et économique de l’Union.
Demain, le sinistre Barroso viendra parader à l’UNIGE, un doctorat tout frais sous le bras. Pour compléter cette mascarade, il se déplace pour nous donner des leçons en matière de "droits humains" alors que ses mains sont encore pleines du sang des migrant-e-s tué-e-s aux frontières.
Quand l’injustice se fait droit, la résistance est un devoir. José Manuel, on t’emmerde !
