Le Corps intermédiaire n’existe pas !!
16 novembre 2008
Samedi 8 novembre la propagande politico-rectorale en faveur de la nouvelle loi sur l’Université a franchi un pas supplémentaire. La Tribune de Genève a réalisé une double page sur la loi en votation le 30 novembre prochain avec une accroche en première page digne de la malhonnêteté qui caractérise la présentation de ce dossier depuis le début. On y lit en titre « Une nouvelle loi libératrice » suivi de l’explication suivante « Les genevois se prononceront sur une loi qui vise à émanciper l’alma mater du joug politique ». Si on croyait que la Tribune de Genève était encore un journal indépendant, la lecture de cette accroche de première page nous incite à dire que c’est elle qui devrait s’émanciper du joug politique sous lequel elle est depuis plusieurs années.
L’alma mater n’a jamais été sous le joug politique, mais sous le contrôle démocratique c’est très très différent ! Les mots choisis en disent long sur la malhonnêteté intellectuelle avec laquelle on martèle des inepties visant à influencer le vote qui prochainement sellera le sort de l’Université pour plusieurs années.
Mais entrons dans l’article lui même, ou plus précisément les articles car la Tribune consacre deux pages entières à la question avec l’éternelle photo de la caution morale de cette réforme : Ruth Dreifuss. Ces derniers temps elle est partout ; journal du DIP, journal de l’Uni, Tribune de Genève etc... elle rassure, elle explique en bonne maman socialiste.
En haut de la page 21 un tableau comparatif de l’ancienne et de la nouvelle loi permet de constater les changements proposés. A ma grande stupeur sous le chapitre « Personnel » on explique ce qui va changer pour le personnel administratif et pour les professeurs, comme si le personnel de l’Université n’était composé que de ces deux corps. PAS UN MOT POUR LE CORPS INTERMEDIAIRE, ensemble d’assistants, maître-assistants, chargés d’enseignements, collaborateurs scientifiques, maîtres d’enseignements et de recherche etc. qui réalisent les DEUX TIERS des enseignements proposés par les divers cursus universitaires et qui constituent une mains d’œuvre précaire nécessaire à l’Université. Ce corps intermédiaire fera les frais de cette nouvelle loi, nous le savons. Non seulement il est oublié par les socialistes qui sont le fer de lance de ce projet catastrophique et qui plus est sont issu-e-s du syndicalisme, mais également par la Tribune de Genève trop occupée à cacher les effets désastreux du projet par conformisme politique.
Une récente évaluation des effets de la nouvelle loi sur l’Université du Canton de Vaud entrée en vigueur en 2004, dont le projet pour Genève est un copié-coller, a mis en lumière la multiplication des statuts précaires du corps intermédiaire : pas loin de 40 statuts différents !! De quoi préparer les beaux jours du prolétariat scientifique qui fera rayonner l’université à l’horizon 2020.
