Nouveau calendrier : personne n’est content ?
26 octobre 2009
Le premier octobre dernier, la Tribune de Genève a publié un article sur le nouveau calendrier universitaire. On y apprend que les représentants de l’Université élus au sein de son Assemblée sont d’accord sur un point (ouf !) ; ils n’aiment pas le nouveau calendrier. Là on est un peu rassurés ; ils ont été capables de s’entendre sur un objet, même si dans le fond ils n’ont pas trop de pouvoir dessus et que de toutes façons leur marge de manœuvre se limite à dire qu’ils ne sont pas contents ! Il s’agit quand même d’un moment fédérateur pour organe qui risque d’être le théâtre de divisions et affrontements entre les corps… Et la Tribune a eu le mérite de le relever.
Le problème est que justement ce nouveau calendrier est vraiment producteur de plus mauvaises conditions d’études et de travail que l’ancien. Il a impliqué de vrais changements structurels, non seulement pour les étudiants, en restreignant la longue période estivale souvent mobilisée pour financer leurs études et profiter de quelques jours de congé, mais aussi pour les enseignants qui appréciaient de disposer d’une longue période de pause pour se consacrer à la recherche et également prendre un peu de repos.
Ce changement, qui paraît assez anodin (ce qui explique peut-être pourquoi le vice-recteur s’étonne du peu de contestation rencontrée lors de son introduction) a un impact général sur l’institution. Comme la réforme de Bologne et la semestrialisation, il a contribué à rationaliser les études selon des temporalités incompatibles avec la pratique. Un exemple : Une année d’études vaut 60 crédits, le nombre d’heures de cours, de séminaires et la charge de travail à fournir pour l’obtention de ceux-ci est donc calculée selon « l’économie ECTS » [1] qui dit qu’un crédit ects vaut 25 heures de travail de l’étudiant, donc pour 60 crédits, l’étudiant devra fournir 1500 heures de travail. Ce qui correspond à 10 mois et demi de travail, avec des semaines de 32 heures. Les étudiants ont-ils l’impression que cela correspond à leur réalité quotidienne ?
La question qu’aucun de nos représentants interviewés ne soulève est celle des raisons qui ont guidé le choix de ce calendrier plutôt qu’un autre, et des avantages qu’il offre. Question dont on attend encore le surgissement. Nous sommes restés idiots parce que personne n’a tenté de nous « vendre » ce calendrier ou au moins de nous dire pourquoi il est bien. Même le vice-recteur ne lui trouve pas de qualités (ou au moins n’en fait pas état dans l’article). Et surtout, on n’a pas bien compris quels problèmes ont été résolus grâce à lui.
Il s’agit ici de ces nouvelles formes de décisions, à l’instar de la réforme de Bologne, qui ne sont défendues par personne et nous sont imposées de si haut qu’on y comprend pas bien quels bienfaits elles nous apportent. Faudra-t-il nous y habituer ?
[1] Voir sur cette question le très bon site de l’EPFL qui permet d’acquérir quelques bases en « économie ECTS ».
