Quand les alumni rapportent

24 mai 2010

En juin 2009, l’Université de Genève a lancé une assemblée générale pour alumni, terme délicieusement ésotérique qui désigne simplement celles et ceux qui ont fréquenté les facultés du canton et y ont obtenu un diplôme. L’inscription était gratuite. Dans une lettre d’information envoyée par courriel le 8 janvier aux membres du programme Alumni UNIGE, le directeur Pascal Praplan souhaite la bonne année, décrit les activités du groupe et annonce que l’inscription devient payante.

50 francs. Pas grand-chose, en somme. Compte tenu du fait qu’Alumni UNIGE compte actuellement 4’200 membres, cela monte le total à 210’000 francs, même si, pour l’instant, les diplômé-e-s de 2009 sont exempté-e-s de taxe. S’ajoutent à cela les factures envoyées aux entreprises qui publient une offre sur la bourse d’emploi d’Alumni UNIGE : 200 francs par mois et par offre. C’est ce qui s’appelle « s’engager pour l’emploi » j’imagine. A titre de comparaison, sachez que, sur Uni Emploi, le versement de 150 francs « donne droit à la publication d’offres pendant douze mois » ! La somme tombe même à 30 francs pour les privés, les associations, les organisations et l’administration. Au 20 janvier, il y avait donc 4 offres d’emploi pour les alumni, dont deux postées par l’uni de Genève elle-même. Etonnant ?

Très clairement, l’Université de Genève cherche à obtenir de l’argent sur le dos de ses anciennes et anciens étudiants. Elle prend exemple « une fois de plus (après Bologne) » sur le monde anglo-saxon, le procédé est à la mode. Il n’y a qu’à voir le site des alumni de Harvard pour s’en rendre compte : faire un don y est un leitmotiv. Seulement voilà, Genève n’est pas Harvard. Son prestige est bien plus limité, son fonctionnement exclut peu à peu la démocratie et ses locaux tombent en ruine. Si Genève fait payer ses alumni, il y a une raison : c’est qu’elle n’a pas les moyens de se les offrir.

Casse-noisette