Sur la réforme des bibliothèques

24 mai 2010

La réforme des bibliothèques en cours actuellement à l’unige pose problème. Manque de transparence dans la procédure, doutes, besoin de rationalisation injustifié, les critiques sont nombreuses et probablement fondées, au moins en partie. Le comité d’audit de l’unige, organe externe et indépendant, a pondu un rapport qui conclut que les bibliothèques ont besoin de réformes. Il paraît que ce rapport mentionne une septantaine de « problèmes » identifiés dans la gestion des bibliothèques auxquels la réforme devrait apporter des solutions. Seul problème, ce rapport restera confidentiel, donc on ne saura pas pourquoi certains aspects de la gestion des bibliothèques sont considérés comme des problèmes et surtout pas selon quelles sources (utilisateurs/trices ?, bibliothécaires ?).

Parmi les points qui sont tout de même connus : les horaires d’ouverture disparates. Peut-être que les usagers/ères de la bibliothèque de droit ont d’autres besoins que celles et ceux de la bibliothèque de médecine... Les disparités ne seraient-elles pas justifiées ? Pour le savoir il faudrait interroger les usagers/ères et celles et ceux qui travaillent dans les bibliothèques, mais il ne semble pas que ces acteurs/trices pourtant important-e-s aient eu voix au chapitre.

Il semblerait plus judicieux de concentrer les ressources en fonction des besoins et pour ce faire d’agir au niveau des facultés qui disposent de commissions des bibliothèques. Malheureusement dans certaines facultés ces commissions ne se réunissent pas ou trop peu.

N’y a-t-il pas également un malaise quand le personnel n’est pas en mesure de connaître le contenu du rapport afin de s’assurer, et partant, d’assurer un climat propice à la discussion indispensable à la réalisation d’une réforme fructueuse, qu’il n’a pas été mis en cause et surtout de comprendre le jugement qui est fait sur son travail et ses réalités quotidiennes ? Est-ce vraiment un problème que plusieurs bibliothèques disposent des mêmes ouvrages dans une université de près de 15’000 étudiant-e-s et plusieurs milliers d’enseignant-e-s-chercheurs/euses ?

Selon un courrier électronique du 8 mars 2010 adressé à tou-te-s les bibliothècaires-archivistes-documentalistes de l’Université :

« Ce plan [de réforme des bibliothèques] vise à accroitre la notoriété de l’Université au bénéfice de l’ensemble des usagers et de la collectivité genevoise et à renforcer l’attractivité de l’Université pour les différents acteurs économiques. » [1]

L’idée est-elle de faire de nos bibliothèques un argument marketing ?

Plus loin dans le même courrier, la réforme est censée « construire une relation opérationnelle (...) adaptée aux besoins exprimés par les enseignants, les chercheurs et les étudiants. » Quelqu’un se rappelle avoir été consulté-e ?

Ajouter un niveau hiérarchique, comme le prévoit la réforme en rattachant les bibliothèques au rectorat et plus aux facultés, ne contribuera sûrement pas à simplifier les choses. Augmenter encore l’administration, alors que la réforme ne se base manifestement pas sur une large consultation des acteurs/trices concerné-e-s, ne paraît pas vraiment judicieux, à moins que la multiplication des échelons hiérarchiques ait pour conséquence d’être plus proches de la « base », ce dont on peut douter.

Le rectorat répond inlassablement aux critiques que cette réforme s’est faite en constante consultation des principaux/les intéressé-e-s, dans ce cas pourquoi le malaise est-il si évident ? Le déficit d’informations en est probablement aussi une des raisons.

Nos bibliothèques n’ont certainement pas un fonctionnement parfait. Cependant, une réforme efficace devrait tenir compte des besoins et du bien-être des principaux/ales concerné-e-s : les employé-e-s et les usagers/ères. Ils et elles occupent les bibliothèques quotidiennement et en ont besoin dans le cadre de leur travail.

 

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Mail du 8 mars 2010 sur la réforme des bibliothèques

 

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[1] voir le pdf joint à cet article