Sur la restructuration de la faculté des SES
26 octobre 2009
Beaucoup considèrent que la restructuration de la faculté des sciences économiques et sociales est le fait d’un homme : Mr Morard, doyen de la Faculté. Ces personnes oublient un peu vite que le projet de restructuration a été approuvé par le collège des professeurs.
Mon but n’est pas de dire que Mr Morard n’est pas responsable ou qu’il cherche à faire au mieux dans les limites du possible. L’exposé des motifs du projet de restructuration évoque notamment la volonté des autorités universitaires comme justification de la réforme mais ce n’est pas suffisant pour absoudre Mr Morard. Il est certain que s’il l’avait voulu, le doyen Morard aurait pu s’opposer à un rectorat désireux « d’opérer des choix afin de privilégier des domaines de recherche prioritaires. [1] » De nombreuses actions sont possibles. La mobilisation des professeurs, de la presse ou en dernier recours donner sa démission. Il n’a rien fait et a cherché à ne rien faire probablement car le projet lui convenait ou pire qu’il le souhaite vraiment. Il n’a pas consulté les associations d’étudiantes. Il s’est comporté comme s’il pouvait diviser pour régner. Et il a eu raison !
Car après un premier épisode qu’on pourrait nommer « Approches sur la restructuration et plus si affinité » et qui s’est terminé par la démission de Mr Debarbieux du poste de président de la section des sciences sociales, les professeurs recroquevillés sur des positions corporatistes à mille lieues de l’idéal de synergie qu’on attend d’une faculté ont simplement « négocié » le projet. Et vas-y que je te donne ça en échange de ceci etc... Résultat, on passe de 4 départements à 5. L’aberrant département de « géographie et sociologie » (ou « sociologie et géographie » ?) est donc splitté en deux départements distincts qui gardent leurs prérogatives notamment en matière de budget. Que s’est-il passé ? Les directeurs des deux départements ont accepté de n’être représentés que par un siège pour deux au conseil décanal en échange du maintien de deux départements distincts.
Merci les professeurs de géographie et de sociologie ! A la place de vous battre tous ensemble pour vous sauver tous - y compris l’histoire économique dont personne ne se soucie - vous avez préféré vous battre pour votre gueule uniquement... Et vous avez eu raison ! Le règlement d’organisation confirmera probablement votre réussite. Il vous garantira un département pour la sociologie et un département pour la géographie... et supprimera le département d’histoire économique. Ce deuxième épisode pourrait donc s’appeler « Négociation et sacrifice des plus faibles ». J’aurais préféré « sacrifice des poulets » mais ce n’est pas à l’ordre du jour.
Il reste toutefois plusieurs points obscurs. Par exemple, comment se fait-il que le département de science politique et les départements de la section de sciences économiques n’ont pas été inquiétés par la réforme ? Si on reprend la logique quantitative qui a dominé l’ensemble du processus jusqu’à maintenant, on devrait « allouer les ressources en fonction des besoins ». Or, force est de constater que l’année dernière certaines mentions du master en science politique n’avaient pas assez d’étudiants. Selon une personne interne au département, il y a même un cours donné pour... 1 étudiante. Ironie du sort, le cour était donné par Mr Sciarini directeur du département et défenseur du projet de restructuration.
On peut aussi se poser la question des laboratoires et unités de la faculté qui ne sont pas des départements. Il se dit que l’unité d’études genre serait rattachée à la sociologie. Non seulement ça heurte le caractère transdisciplinaire des études genres mais ça entre en contradiction directe avec la logique quantitative du projet de restructuration : le master d’études genre a -beaucoup- plus d’étudiantes que le master de sociologie. Dès lors pourquoi ne pas rattacher le département de sociologie à l’unité d’étude genre ?
La réponse à ces questions mais aussi le pourquoi de l’aberrante adhésion des « petits » départements de sciences sociales à ce projet et l’avenir de ces unités et laboratoires vous seront livrés au prochain épisode « Le retour de bâton ou pourquoi les départements de sociologie, de science politique et de géographie vont disparaître ». Les sciences économiques sont épargnées grâce à leur important et indiscutable apport à la société.
[1] page d’accueil du rectorat
