Un somptueux 450ème
22 avril 2009
Voici qu’approche le 450ème anniversaire de l’Université de Genève, belle occasion de se glorifier, de s’autocélébrer, de se gargariser, de se regarder le nombril. On ne parle plus que de cela, les affiches sont partout. Les annonces de conférences exceptionnelles de la part du rectorat frisent le "pourriel" tant on en reçoit. Ce matin encore, on me vantait les mérites de Louise Arbour dans ma boîte de réception. J’en ai ras-le-bol de recevoir des courriels de M. Vassalli.
C’est joli de se chanter la sérénade à soi-même. C’est sûrement l’occasion de débourser pas mal d’argent en évènements élitistes (car soyons honnêtes : le petit peuple va-t-il y courir ? Non.), en apéritifs gargantuesques (l’honneur de l’université se joue-t-il dans les petits fours ?), etc. De belles dépenses...
Mais on en oublierait presque les vrais problèmes. On se demande où passe l’argent des contribuables... Pourquoi organise-t-on des festivités coûteuses alors que le bâtiment des Philosophes tombe en ruines sans qu’il soit rénové ? Pourquoi les organise-t-on sans offrir gratuitement aux étudiants et étudiantes de Genève la possibilité d’améliorer leurs connaissances en langues étrangères (ce que fait Lausanne) ? Chacun, chacune, connaît les manquements financiers de notre université et de sa faculté. Nul besoin d’épiloguer. On vient ensuite nous dire qu’il faut augmenter les taxes semestrielles ? On se moque de nous !
Mais le pire n’est pas tant l’argent que la connaissance perdue ! Très discrètement, il a été annoncé que le semestre serait raboté d’une semaine de cours... pour permettre les festivités du 450ème anniversaire !!! Je vais perdre une vingtaine d’heures d’enseignement parce que deux pelés trois tondus organisent une conférence par-ci et un appéritif par-là ??? Je ne crois pas que ce bon vieux Calvin aurait apprécié. Comme quoi, ses lois somptuaires sont bel et bien mortes.
Casse-noisette
